Lendas e Narrativas, Alexandre Herculano

Lendas e Narrativas, comme son nom l’indique narre l’Histoire mêlée à la légende ou serait-ce plutôt le contraire ? Alexandre Herculano est une figure majeure de l’Histoire du Portugal. Ecrivain et Historien émérite, il a vécu entre 1810 et 1877.

Arras por Forro de Espanha, (1371-72, 1ère narrative) raconte l’histoire du roi D. Fernando et de son épouse D. Leonor qualifiée d’ « ambitieuse, fausse et corrompue ». Le monarque apparaît comme un être faible manipulé par son épouse. Le peuple de Lisbonne lui reproche le mariage avec une femme déjà mariée auparavant. Il s’agit selon les mœurs de l’époque d’un déshonneur. D. Fernando réprime cruellement un complot et laisse le roi de Castille mettre à feu et à sang la ville de Lisbonne afin d’assouvir les bas instincts de sa femme.


A Abóboda (1401) raconte l’histoire d’un chef de chantier responsable de la construction du monumental monastère de Batalha. Le roi D. João I entre en scène pour admirer l’édifice et rendre l’honneur à cet architecte portugais Afonso Domingues. Cette nouvelle historique serait un hommage rendu par l’écrivain à ses ancêtres qui appartenaient à ce corps de métier.


A Dama de Cabra é un conte bien connu au Portugal : une dame aux pieds de chèvre demande à son mari de ne jamais se signer. Le jour où, par mégarde, il se signe elle disparaît. Quelques années plus tard elle intervient en faveur de son fils pour délivrer son père constitué prisonnier en terre morisque.


O Bispo Negro (11 30) met en scène D. Afonso Henriques refusant de se soumettre aux ordres du Pape et prêt à décapiter un de ses émissaires car il est menacé d’excommunication. En effet, le Saint Pontife ordonne au roi de libérer sa mère car suite à la bataille de São Mamede D. Afonso Henriques la jette en prison. Le Clergé ne voulant pas soumettre à la volonté de ce roi rebelle, celui-ci decide de nommer un Maure évêque de Coimbra.


A Morte do Lidador (1170) a lieu pendant les Croisades propres à la péninsule ibérique et met en scène la mort d’un preux chevalier.


L'avis personnel: La capacité à tendre un décor contemporain à chaque époque est admirable. Cependant, il semble que les qualités littéraires n'arrivent pas à la hauteur de l'érudition de l'Historien. Par exemple, la question de l'adultère dans la 1ère narrative émeut assez peu le lecteur tant le dilemme est désuet aujourd'hui. Comploter pour un remariage? L'intrigue ennuie car Alexandre Herculano échoue à nous transmettre la problématique autrement que de façon intelletualisée. Dans A Abóbada l'insistance de l'architecte évoque aussi un code de l'honneur complètement caduque de nos jours en plus de chanter la gloire de l'humble artisan portugais aux dépens de l'arrogant étranger. Les fausses notes narratives (ex: les personnages sont toujours très irritables et colériques) démontrent que Herculano brillait bien plus en tant qu'Historien qu'en tant que Romancier.